Return-Path: <educ-owner@april.org>
X-Original-To: jtadeusz@april.org
Delivered-To: jtadeusz@april.org
Received: from localhost (unknown [192.168.2.16])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id 3C18C10C826E;
	Wed,  5 Jun 2013 10:37:55 +0200 (CEST)
Received: from pavot.april.org ([192.168.2.17])
	by localhost (spamvir.april.org [192.168.2.16]) (amavisd-new, port 10024)
	with ESMTP id O-trbW9psbCK; Wed,  5 Jun 2013 10:37:55 +0200 (CEST)
Received: by pavot.april.org (Postfix, from userid 102)
	id 197791140020; Wed,  5 Jun 2013 10:37:52 +0200 (CEST)
Received: from localhost (unknown [192.168.2.16])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id 6926D10C8164
	for <educ@april.org>; Wed,  5 Jun 2013 10:36:46 +0200 (CEST)
Received: from pavot.april.org ([192.168.2.17])
	by localhost (spamvir.april.org [192.168.2.16]) (amavisd-new, port 10024)
	with ESMTP id oIwWieOC2MC8 for <educ@april.org>;
	Wed,  5 Jun 2013 10:36:40 +0200 (CEST)
Received: from smtp.smtpout.orange.fr (smtp04.smtpout.orange.fr [80.12.242.126])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id 9B39710C81CC
	for <educ@april.org>; Wed,  5 Jun 2013 10:36:40 +0200 (CEST)
Received: from [192.168.1.195] ([92.150.4.93])
	by mwinf5d60 with ME
	id kYcf1l00J20QuvQ03Ycfgy; Wed, 05 Jun 2013 10:36:40 +0200
Message-ID: <51AEF896.8000809@wanadoo.fr>
Date: Wed, 05 Jun 2013 10:36:38 +0200
From: Denis Lebioda <d.lebioda@wanadoo.fr>
Reply-To: d.lebioda@wanadoo.fr
User-Agent: Mozilla/5.0 (X11; Linux i686; rv:13.0) Gecko/20120615 Thunderbird/13.0.1
MIME-Version: 1.0
To: educ@april.org
References: <51A70628.1090805@contaminations-chimiques.info> <51A7066B.30406@wanadoo.fr> <20130530102712.123e3283@Bibnoir.home> <51A711DB.6070405@wanadoo.fr> <51A72D3B.6000103@telecom-bretagne.eu> <1370028422.11053.43.camel@azuki.aranha> <20130604102716.GA4258@ours.starynkevitch.net> <51ADD725.3040904@wanadoo.fr>
In-Reply-To: <51ADD725.3040904@wanadoo.fr>
X-Validation-by: d.lebioda@wanadoo.fr
Subject: [EDUC] =?UTF-8?Q?LE_MONDE_=3E_A_quoi_servent_les_tablettes_=C3=A0?=
 =?UTF-8?Q?_l=27=C3=A9cole_=3F?=
X-Loop: educ@april.org
X-Sequence: 4996
Errors-to: educ-owner@april.org
Precedence: list
Precedence: bulk
Sender: educ-request@april.org
X-no-archive: yes
List-Id: <educ.april.org>
List-Help: <mailto:sympa@april.org?subject=help>
List-Subscribe: <mailto:sympa@april.org?subject=subscribe%20educ>
List-Unsubscribe: <mailto:sympa@april.org?subject=unsubscribe%20educ>
List-Post: <mailto:educ@april.org>
List-Owner: <mailto:educ-request@april.org>
List-Archive: <https://listes.april.org/wws/arc/educ>
Content-type: multipart/mixed;
  boundary="----------=_1370421469-1599-1415"
X-Length: 9642
Status: R
X-Status: NT
X-KMail-EncryptionState:  
X-KMail-SignatureState:  
X-KMail-MDN-Sent:  
X-UID: 0

This is a multi-part message in MIME format...

------------=_1370421469-1599-1415
Content-Type: text/plain; charset=UTF-8; format=flowed
Content-Transfer-Encoding: 8bit

A quoi servent les tablettes à l'école ?

LE MONDE | 05.06.2013
Par Maryline Baumard

********************

Fin 2012, plus de 10 % des familles françaises seront équipées d'une 
tablette. Si certains psychologues estiment qu'il ne faut pas diaboliser 
l'écran, d'autres proposent de mettre en place un contrôle des logiciels 
dits éducatifs.

Le ministre parle. Les conseils généraux paient. Ainsi vont les 
nouvelles technologies dans l'école française...

Alors que Vincent Peillon tentera une nouvelle fois, le 10 juin, de 
convaincre qu'il lance bien plus que le énième "plan numérique", les 
conseils généraux, eux, continuent leur distribution de machines aux 
collégiens. Comme hier ils offraient un dictionnaire ou une calculatrice !

Cela coûte les yeux de la tête, mais en bons politiques, ils escomptent 
un retour dans les urnes. Et parfois, ça marche plutôt bien. Pour 
preuve, le destin d'un des précurseurs dans la distribution de tablettes 
électroniques. Dès 2010, du fond de la Corrèze qu'il présidait alors, un 
certain François Hollande avait doté 2 500 collégiens et 800 enseignants 
d'une ardoise numérique...

Si le président de la République est l'un des premiers à avoir parié sur 
l'objet tactile en classe, la liste est désormais longue des 
collectivités qui en équipent les adolescents. Dans le camp d'en face, 
celui des pro-ordinateurs, le précurseur est le département des Landes, 
qui a commencé sa grande distribution dès 2001.

On croyait que le vrai sujet était le choix entre le tactile et la 
souris. On se serait bien refait la querelle des anciens et des modernes 
si l'Amérique n'avait sifflé la fin de la partie, nous rappelant que, 
quelle que soit l'option choisie, c'est... la mauvaise.

Equiper un enfant d'un ordinateur personnel n'augmente pas sa réussite 
scolaire, viennent de conclure deux scientifiques américains, Robert W. 
Fairlie et Jonathan Robinson, à l'issue d'une longue étude publiée le 29 
mai par le National Bureau of Economic Research.

C'est la frénésie mondiale en matière d'équipement des écoles qui a 
interpellé les chercheurs. Les établissements américains y ont déjà 
dépensé 5 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros), une manne 
abondée par 2 milliards de dollars venus de l'Etat fédéral. La 
Grande-Bretagne, elle, a dépensé 194 millions de livres (226 millions 
d'euros) pour offrir 300 000 machines à ses adolescents... En France, on 
ne connaît pas le montant de la facture, mais les seuls contribuables 
des Landes ont déjà laissé 52 millions d'euros dans cette opération, 
depuis 2001 ; ceux du Val-de-Marne (qui s'est lancé dans l'opération à 
la rentrée 2012) y consacreront 25 millions d'ici trois ans...

Ces dépenses sont colossales au regard de la recommandation du Bureau 
national d'économie américain, qui accompagne le travail des chercheurs 
: "L'Etat doit faire preuve de prudence et être réaliste quant à 
l'efficacité des politiques visant à réduire l'écart digital entre les 
élèves des familles favorisées et les autres."

Pour arriver à cette conclusion, les économistes ont organisé leur 
propre distribution d'ordinateurs à 1 123 enfants de 15 écoles 
californiennes pendant qu'autant d'adolescents aux caractéristiques 
sociales, raciales et scolaires équivalentes continuaient leur scolarité 
à l'ancienne. Ces derniers n'étaient pas privés d'écran puisque les 
écoles publiques américaines sont dotées d'un ordinateur pour trois 
élèves, mais vivaient dans des foyers non connectés (comme c'est le cas 
de 27 % des familles américaines qui ont un enfant entre 10 et 17 ans).

Pas une note qui ait bougé

Après deux années scolaires dans certaines écoles – une seule dans 
d'autres –, les deux économistes n'ont observé aucun effet pour les 
élèves équipés. Pas une note qui ait bougé, ni à la hausse ni à la 
baisse. L'étude de Fairlie et Robinson montre que ces enfants ont passé 
un peu plus de temps sur leurs devoirs que ceux privés de matériel, mais 
pas assez pour que cela ait un impact. Ils ont aussi profité de l'écran 
magique pour jouer et communiquer. Ainsi, le groupe témoin – celui qui 
n'a pas bénéficié de la distribution d'ordinateurs et n'en dispose pas 
chez lui – a passé en moyenne 4,2 heures hebdomadaires sur un écran 
interactif, à l'école, à la bibliothèque ou chez les copains.

Ceux qui ont reçu un ordinateur y ont quasiment passé 2 heures et demie 
de plus chaque semaine. Un temps supplémentaire réparti entre 50 minutes 
de travail scolaire, 50 minutes de jeux et 35 minutes de réseaux 
sociaux. Même s'ils passent un peu plus de temps sur leurs devoirs, 
l'ordinateur n'est pas un outil d'approfondissement du travail, ni un 
outil de culture.

Les inspecteurs généraux qui ont analysé les effets en France du plan 
"Un collégien, un ordinateur portable" du département des Landes, ont 
fait la même observation que nos deux chercheurs américains.

A la limite près qu'ils ont des données qualitatives et pas 
quantitatives (et n'avaient pas de groupe témoin), mais ils concluent 
dans leur rapport que le temps passé à répondre à la demande des 
enseignants (c'est-à-dire à faire ses devoirs) contribue à limiter les 
usages ludiques qui restent toutefois élevés pour un grand nombre 
d'élèves. Même constat des inspecteurs généraux pour l'expérience 
corrèzienne ! Soit on s'en tient à une interprétation négative de ces 
expériences. Soit, au contraire, on estime que le jeu, par exemple, est 
un outil d'éducation, lui aussi. Les chercheurs américains reconnaissent 
n'avoir pas étudié les autres impacts de la possession personnelle d'un 
ordinateur.

Est-ce qu'on ne travaille pas son orientation en ligne ? Est-ce qu'on 
n'ouvre pas un peu son horizon en surfant ? Est-ce que se sentir 
dépositaire de cet objet n'empêche pas l'école buissonnière ?

Autant de questions toujours sans réponse qui, rassurons-nous pour la 
France, n'empêcheront pas les conseils généraux de continuer à 
distribuer leurs cadeaux ! p

Maryline Baumard

------------------
Denis Lebioda
Le Marthouret
05500 LE NOYER (France)
Mel : d.lebioda@wanadoo.fr
-----------------------




------------=_1370421469-1599-1415
Content-Type: text/plain; charset="UTF-8"; name="message-footer.txt"
Content-Disposition: inline; filename="message-footer.txt"
Content-Transfer-Encoding: 8bit

--
Pour gérer votre abonnement à la liste educ et vos informations personnelles :
http://listes.april.org/wws/info/educ

------------=_1370421469-1599-1415--
