Return-Path: <educ-owner@april.org>
X-Original-To: jtadeusz@april.org
Delivered-To: jtadeusz@april.org
Received: from localhost (unknown [192.168.2.16])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id CA72011C0317;
	Wed, 11 Dec 2013 13:47:00 +0100 (CET)
Received: from pavot.april.org ([192.168.2.17])
	by localhost (spamvir.april.org [192.168.2.16]) (amavisd-new, port 10024)
	with ESMTP id TxLO9Y3Vd8qo; Wed, 11 Dec 2013 13:47:00 +0100 (CET)
Received: by pavot.april.org (Postfix, from userid 102)
	id 866E211C031E; Wed, 11 Dec 2013 13:46:57 +0100 (CET)
Received: from localhost (unknown [192.168.2.16])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id 6030111C030E
	for <educ@april.org>; Wed, 11 Dec 2013 13:46:52 +0100 (CET)
Received: from pavot.april.org ([192.168.2.17])
	by localhost (spamvir.april.org [192.168.2.16]) (amavisd-new, port 10024)
	with ESMTP id 30em59wXwQh1 for <educ@april.org>;
	Wed, 11 Dec 2013 13:46:47 +0100 (CET)
Received: from smtp.smtpout.orange.fr (smtp04.smtpout.orange.fr [80.12.242.126])
	by pavot.april.org (Postfix) with ESMTP id 5958511C030D
	for <educ@april.org>; Wed, 11 Dec 2013 13:46:47 +0100 (CET)
Received: from [192.168.1.124] ([109.210.149.152])
	by mwinf5d27 with ME
	id 0Cmm1n00C3HXem503CmmbE; Wed, 11 Dec 2013 13:46:47 +0100
Message-ID: <52A85EB6.7090008@carlit.net>
Date: Wed, 11 Dec 2013 13:46:46 +0100
From: Pierre Yann Baco <pbaco@carlit.net>
User-Agent: Mozilla/5.0 (X11; Linux x86_64; rv:24.0) Gecko/20100101 Thunderbird/24.1.1
MIME-Version: 1.0
To: educ@april.org
References: <1520547220.639905397.1386755214498.JavaMail.root@zimbra18-e3.priv.proxad.net>
In-Reply-To: <1520547220.639905397.1386755214498.JavaMail.root@zimbra18-e3.priv.proxad.net>
Subject: =?UTF-8?B?UmU6IFJlwqA6IFJlOiBbRURVQ10=?= =?UTF-8?Q?Rappel_=3A_Win?=
 =?UTF-8?Q?dows_XP_compte_=C3=A0_rebours?=
X-Loop: educ@april.org
X-Sequence: 5428
Errors-to: educ-owner@april.org
Precedence: list
Precedence: bulk
Sender: educ-request@april.org
X-no-archive: yes
List-Id: <educ.april.org>
List-Help: <mailto:sympa@april.org?subject=help>
List-Subscribe: <mailto:sympa@april.org?subject=subscribe%20educ>
List-Unsubscribe: <mailto:sympa@april.org?subject=unsubscribe%20educ>
List-Post: <mailto:educ@april.org>
List-Owner: <mailto:educ-request@april.org>
List-Archive: <https://listes.april.org/wws/arc/educ>
Content-type: multipart/mixed;
  boundary="----------=_1386766013-12485-411"
X-Length: 16747
Status: R
X-Status: NT
X-KMail-EncryptionState:  
X-KMail-SignatureState:  
X-KMail-MDN-Sent:  
X-UID: 0

This is a multi-part message in MIME format...

------------=_1386766013-12485-411
Content-Type: text/plain; charset=UTF-8; format=flowed
Content-Transfer-Encoding: 8bit

Bonjour.

Le 11/12/2013 10:46, cnestel@free.fr a écrit :
> ----- bdesroches@free.fr a écrit :
>> Non tu n'es pas en dehors de la discussion, tu es même en plein dedans !
>> mais ne crois pas trop au mirage des techniciens du second degré, ce sont trop
>> souvent des formatés M$ et le résultat est pire que tout...
>
> Pardon, mais à mon humble avis tu amalgames deux problèmes que l'on
> devrait traiter de manière disjointe.
>
> a) Comme l'a très bien démontré Thierry Munoz, il n'y a pas d'autre
> voie que la gestion de l'informatique des écoles primaires par
> des techniciens dépendant de telle ou telle administration (par
> exemple les mairies) à définir.
>
J'ai dû rater le post de Thierry Munoz, mais je ne vois pas en quoi il 
n'y aurait d'autre voie que la gestion des écoles  primaires par des 
"techniciens dépendant de telle ou telle administration".

Ca fait 9 ans que j'installe et maintiens l'informatique dans plus de 35 
écoles primaires de mon département (pour un total d'environ 450 à 500 
clients légers Linux/LTSP, plus tout l'héritage Windows présent, au 
total pas loin de 650 postes), dans autant de petites communes 
différentes. Je crois connaître un peu le sujet des relations entre 
académie, écoles, mairies, communautés de communes ou d'agglos, conseil 
régional et autres syndicats intercommunaux en ce qui concerne 
"l'informatique scolaire en primaire".

La réalité du terrain est que les choix d'équipement-fonctionnement 
(hard ou soft) sont:
- toujours considérés comme d'importance mineure quand on les compare 
aux autres investissements nécessaires (et "visibles") dans une école.
- par nature très hétéroclites et fragmentés. Une école primaire 
"communale" est un petit établissement, contrairement à un collège ou un 
lycée.
- très variables pour la même raison: les écoles primaires voient 
souvent leur effectif varier très fortement d'une année à l'autre (avec 
ouverture/fermeture de classe fréquente). Leurs besoins évoluent donc en 
parallèle (à la hausse comme à la baisse).
- exprimés d'abord par le personnel enseignant d'une école, avec de TRES 
fortes différences de connaissance du sujet, allant (rarement, ou dans 
le cas de la construction d'une nouvelle école) de la définition d'un 
projet précis et détaillé (câblage, salle info, choix d'OS et d'applis, 
modalités de maintenance), à "j'ai besoin d'un portable et de quelqu'un 
pour faire (re)marcher ces xx bécanes de 15 ans d'âge, le tout pour 300€ 
et surtout pas Windows 8 ni Linux dont je n'ai jamais entendu parler".
- éventuellement (mais pas souvent) "révisés" ou commentés par un TIC de 
l'académie, quand celui-ci a le temps, ou quand il y en a un, car dans 
quelques académies, les TIC ont tellement d'écoles à gérer-maintenir 
qu'ils sont vraiment débordés.
- négociés entre la direction de l'école et la commune, ou la communauté 
de communes, ou le syndicat mixte, et dans chaque cas (bien différent 
car les enjeux politiques et économiques locaux sont à prendre en 
compte) ce n'est pas simple. Cela se termine souvent par un "petit" 
appel d'offre (ou une simple demande de devis auprès de 3 sociétés du 
coin, quand les montants estimés sont peu élevés).
- pondérés par le poids de "l'existant", c'est à dire le parc de 
vieilles brelles héritées des généreux donateurs (parents, mairie etc), 
qui malgré leur bonne volonté, n'arrivent pas à comprendre que la salle 
informatique d'une école n'est pas une poubelle destinée à recueillir 
toute l'obsolescence du monde...
- toujours "filtrés", et à chaque étape, par la compétence informatique 
de chaque intervenant dans le processus, par la vision simplement 
quantitative ("15 postes pourris c'est mieux que 8 qui fonctionnent 
bien"), par le poids des habitudes ("ça sera Outlook + Word + Jocatop et 
Adibou ou rien, parce que j'ai 10 ans d'email à récupérer et les 20 CDs 
que la coop de l'école a acheté y'a 3 ans").
- rabotés par ceux qui répondent à l'appel d'offre (ou la demande de 
devis simple), qui proposent des "solutions catalogue" ou à la mode 
(classes portable, TBI, etc) sans aucun suivi, alors que le milieu 
scolaire est très "corrosif" pour du hard ou du soft mal installé ou 
sécurisé. J'ai moi même récupéré la maintenance de plusieurs de ces 
solutions miracle (dont pas mal de "classes portables") abandonnées par 
les fournisseurs aux bons soins d'une équipe enseignante confrontée à un 
"User Guide" en serbo-croate, quand il y en a un...
- ou au contraire gonflés au maximum par les mêmes, quand ils savent que 
la commune ne dispose pas des connaissances suffisantes pour décortiquer 
un devis (et il faut voir les devis faisant la course au Ghz et au 
To!!). Sans compter les ententes préalables entre fournisseurs (y 
compris ceux qui m'appellent pour demander de "me coucher" dans telle ou 
telle commune...)
- influencées par les avis plus ou moins éclairées des parents (ou du 
beau-frère qui s'y connaît). Cela peut aller jusqu'à demander la 
déconnexion du Wi-Fi par principe de précaution, dans une école où il 
n'y a pas de filaire, et qu'il n'est pas possible (ou bien trop cher) 
d'en installer, ou à l'achat d'Ipad, parce que "j'ai le même à la maison".
- et finalement résolue par la livraison (par le "moins disant") d'une 
palette de matos qui n'est toujours pas opérationnelle après 6 mois, car 
le personnel enseignant n'a pas le temps de s'en occuper. 
L'installation, le paramétrage, la formation et la maintenance sont trop 
souvent délaissés. Quand l'école dispose d'un enseignant compétent et/ou 
volontaire en la matière, il doit trop souvent tout prendre en charge, 
et en dehors de ses heures de cours...

A lire cette liste, on pourrait donc croire que Thierry Munoz a raison 
de dire que "la gestion de l'informatique des écoles primaires par
des techniciens dépendant de telle ou telle administration (par
exemple les mairies)" est la seule solution.

Mais, du moins en ce qui concerne mon département "rural":
- AUCUNE des mairies dont je m'occupe ne dispose d'un technicien 
informatique. Et une embauche est tout simplement économiquement 
impossible. Dans mon département, il doit y avoir moins de 20 communes 
sur 226 qui disposent d'un technicien informatique.
- Certaines se regroupent (syndicats mixtes ou communautés de communes). 
Mais la compétence de ces regroupements concerne les investissements 
(bâtiments, voirie, eau, collectes des ordures, transport, culture, 
sport), TRES rarement les services scolaires pour lesquels chaque 
commune souhaite garder son indépendance. Les enjeux politiques locaux 
sont très/trop sensibles et trop complexes pour être mis à plat et 
systématisés.

L'académie, par le biais de ses TIC/MATIC (ou autre appellation) a son 
rôle à jouer quant à la gestion de l'informatique d'une école. Elle le 
fait, mais avec les moyens dont elle dispose. Dans mon académie, le 
nombre de TIC diminue chaque année (avec des TIC parfois à 1/2 temps). 
J'en connais beaucoup, et ils font du bon travail. Mais ils ont aussi 
(et surtout) à gérer l'aspect "informatique administrative" des écoles, 
où chaque directeur a un poste dédié à cet usage (Base Elève, messagerie 
académique, etc). Il faut bien distinguer ces deux aspects (informatique 
éducative et informatique administrative).

Certaines académies proposent des contrats de maintenance aux communes. 
Même problème: les équipes sont débordées. Elles doivent se battre avec 
du matos qu'elles n'ont pas "calibré" et souvent "hérité" (y'avait 
encore du Windows Me ou 95 l'année dernière). Comment monter un système 
opérationnel et ouvert dans ces conditions ?

Pour terminer, je pense que la solution en ce qui concerne la gestion 
informatique des écoles primaires se situe "entre les deux":
- l'éducation nationale doit rester maître en ce qui concerne les 
enjeux, les projets et les usages des systèmes informatiques primaires 
(éducatif et administratif).
- Ceci peut (doit) être défini par un cahier des charges "ouvert", 
précisant les objectifs et les besoins à couvrir, que ce soit dans 
l'investissement (le matériel, le logiciel, la formation) et le 
fonctionnement (la maintenance).
- C'est à ce niveau que « l'incitation au développement de ressources 
numériques se fera [..] en faveur de logiciels libres et de contenus aux 
formats ouverts ».
- La demande d'une école primaire doit donc respecter ce cahier des 
charges (notamment en éliminant les demandes spécifiques à un 
fournisseur/éditeur comme on en voit trop souvent).
- L'académie a ici un premier rôle à jouer en validant la demande d'une 
école avant qu'elle soit soumise à une commune pour financement.
- N'importe quelle société/prestataire doit pouvoir répondre à une 
demande d'une école en respectant ce cahier des charges.
- Une fois reçues par les communes (qui financent), les réponses 
pourraient être regroupées pour envoi "consultatif" vers l'éducation 
nationale, au niveau local (inspection académique, au niveau 
départemental), où la connaissance des prestataires et des besoins des 
écoles et de leurs besoins est plus facile à vérifier et à mettre à jour.
- L'académie aura ici la possibilité de "valider" une ou plusieurs 
réponses, sans forcément en choisir une précise, car le choix doit 
rester à la commune. Elle peut aussi indiquer que telle ou telle autre 
réponse n'est pas appropriée et qu'en conséquence elle ne ferait l'objet 
d'aucun soutien de sa part (formation interne des enseignants, 
éventuelle maintenance logicielle, accès aux ressources académiques, 
etc) si elle était retenue par la commune, ce qui peut aussi avoir un 
impact significatif.

En résumé, l'académie aurait ainsi la possibilité:
- de vérifier que les demandes des enseignants en ce qui concerne leur 
informatique "locale" correspondent aux enjeux et objectifs définis et à 
l'ouverture souhaitée, notamment en ce qui concerne le libre.
- de vérifier que les prestataires locaux répondent en conséquence.
- de renseigner les communes (et surtout les petites!) quant à la 
qualité des réponses, tout en leur laissant le choix du prestataire.
- "d'influencer" les communes quant à ce choix, en refusant de 
s'investir dans l'utilisation d'un système qui ne répond pas aux critères.
- de vérifier périodiquement, sur site, et sur le long terme la 
pérennité de la solution retenue et son suivi (maintenance, formation) 
par le prestataire qui en a la charge.

De son côté, la commune aurait la possibilité:
- de récupérer les demandes des écoles mieux structurées et 
"pré-validées" par l'académie.
- d'obtenir une aide quant à la lecture des réponses des 
prestataires/fournisseurs locaux. Et ça, c'est essentiel!!!
- de rester libre quant au choix du prestataire.

Enfin, ceci permettrait de construire, auprès des plus intéressés 
(TICE/MATIC, personnel enseignant, communes) une base/liste de 
prestataires LOCAUX "qualifiés" et compétents dans le domaine du libre.

Cela demanderait effectivement des ressources au niveau des académies, 
notamment auprès des TICE/MATIC (chargés de valider les 
demandes/réponses), mais ils recevraient en contrepartie le soutien des 
prestataires en ce qui concerne la formation, le suivi et la maintenance 
sur site, ce qui réduirait d'autant leur charge de travail.

Pour terminer, juste un mot sur les "techniciens formatés Microsoft": En 
ce qui concerne les TICE/MATIC (ceux que je connais), il y en a, c'est 
vrai, mais "par défaut". Mais ils sont demandeurs et ouverts à tout. Il 
y a toujours moyen de les former et/ou de leur faire découvrir le libre 
(dont Linux).  Reste que l'APRIL, d'autres assos (et mêmes des 
prestaires) auraient donc tout intérêt à leur proposer directement des 
"formations/introductions/install parties/etc" pour limiter ce problème 
de "formatage Msoft". J'ai pu le faire ici, à mon niveau. Peut-être 
suis-je dans une académie particulièrement "ouverte" ?

Voilà, c'était juste en passant (et un peu long, désolé), un mercredi 
matin, jour où les écoles sont pour l'instant fermées, et qu'il me 
restait un peu de temps pour contribuer du fond de ma province.

A+
Pierre

> b) Le fait que les techniciens soient formatés Microsoft est
> un autre problème que nous devons prendre en compte :
>
> - pacte du logiciel libre
> - références à la directive Ayrault
> - références à la loi sur la refondation de l'école qui recommande :
>   « l'incitation au développement de ressources numériques se fera notamment
> en faveur de logiciels libres et de contenus aux formats ouverts »
> - référence à la souveraineté informatique
> - référence aux enjeux fiscaux
> - nécessité de former les techniciens
> - autres
>
> Nous devons nous positionner dans une stratégie. L'April ne peut
> pas agir localement.
>
> Il nous faut préparer la lettre de demande d'audience auprès
> de Catherine Becchetti-Bizot et d'Alain Boissinot, sans oublier
> la préparation des amendements pour l'acte 2 de l'exception
> culturelle où il sera question de l'exception pédagogique
> avec un certain nombre de pistes et de propositions.
>
> Sans oublier les points de convergences avec les autres assoces.
> On a aussi en chantier les propositions à Pagestec.
>
> Librement,
> Charlie
>
>

-- 
Pierre Baco


------------=_1386766013-12485-411
Content-Type: text/plain; charset="UTF-8"; name="message-footer.txt"
Content-Disposition: inline; filename="message-footer.txt"
Content-Transfer-Encoding: 8bit

--
Pour gérer votre abonnement à la liste educ et vos informations personnelles :
http://listes.april.org/wws/info/educ

------------=_1386766013-12485-411--
